Du Blyde River Canyon à Durban

Après un Kruger au top, on avait presque peur d’être déçus par la suite. Mais c’était sans compter sur les ressources du pays ! La région du Blyde River Canyon est très belle : à environ une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de la frontière du Kruger, on a du mal à comprendre comment le paysage peut être si différent en une distance si courte. Ici pas de savane herbeuse ni de sécheresse : l’horizon ondule au rythme des collines verdoyantes.

On choisit de séjourner à Graskop, un bon point de départ pour visiter le coin. Point d’orgue : la Panorama Route qui s’étire le long de la rivière et permet de profiter de vues grandioses.

On prend le parti de faire une petite boucle pour terminer en beauté par le canyon, en commençant par se diriger vers Pilgrim’s Rest, une ancienne ville dédiée à la recherche d’or il y a bien des années. Aujourd’hui si elle conserve ses bâtiments d’antan elle est devenu tellement touristique que c’en est un peu décevant. Les vendeurs de tout et rien sont partout et c’est limite du harcèlement. On nous a nettoyé la voiture pendant notre absence, pour ensuite nous demander l’équivalent de plus d’une dizaine d’euros pour quelque chose que nous n’avions même pas voulu. Dans ces cas là il y a toujours moyen de s’en sortir sans céder à l’arnaque mais tant qu’à faire il faut essayer d’éviter ce genre de situation.

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On remonte ensuite la R36 jusqu’aux Echo Caves pour une petite visite guidée d’une heure, sympathique mais pas incontournable. On joue un peu avec les petits singes croisés sur le parking et on continue sur la R532 alias la fameuse Panorama Route pour entamer les festivités avec le point de vue le plus célèbre : le Three Rondavels viewpoint. Ici encore nous sommes quasiment seuls, la vue est absolument magnifique et vous procure un sentiment d’immensité dont on a du mal à se défaire.

Pour la petite histoire , le Blyde River Canyon est le troisième plus grand canyon du monde derrière le Grand Canyon des Etats-Unis et le Fish River Canyon de Namibie. Recouvert d’une végétation dense, c’est cependant le plus grand canyon vert du monde. Il parait qu’il y aurait jusqu’ici des hippos et des crocos y barbotant gaiement, il ne fait donc pas bon s’y baigner.

Très très beau ! Définitivement un endroit à ne pas louper.

Un petit quart de tour sur la droite et face à nous : les Three Rondavels, qui portent ce nom à cause de leur forme qui rappelle ces habitations traditionnelles sud africaines (rondes et larges, avec un petit toit conique). La formation est aussi connus sous le nom du « Chef et ses trois femmes ».

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On pourrait facilement rester une heure ou deux à contempler l’incroyable paysage mais la journée n’est pas finie ! On s’arrache de la balustrade pour poursuivre vers les Bourke’s Luck Potholes : des « marmites » creusées dans la roche par la rivière avec le temps. De petits ponts nous permettent d’avoir à peu près tous les points de vue possibles, du coup c’est sympa mais après le canyon on va dire que le soufflé retombe légèrement.

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On avance jusqu’à Wonder View, God’s Window et The Pinnacle, des noms évocateurs pour d’autres points de vue réputés. Malheureusement les nuages très bas ne nous permettent pas de profiter de quoique ce soit. En fait on a rien vu du tout tellement le brouillard était dense. Dommage parce qu’il paraît que ça vaut le coup d’œil. Il faut savoir que c’est un peu le loto ici en cette période de l’année. Si dans le sud-ouest du pays l’été bat son plein, dans le nord-est c’est la saison des pluies. Et dans cette région vallonnée c’est par moment synonyme de nuages très bas et de brouillard.

La région pullule de petites cascades qu’on décide d’aller voir le lendemain avant de partir pour le Swaziland. Malheureusement le lendemain il pleuvait et nous sommes donc partis directement avec une petite pointe de regret pour les vues et cascades manquées.

Après une petite formalité à la frontière, on entre dans le Royaume du Swaziland, ne sachant trop à quoi nous attendre. Ce tout petit pays quasiment entièrement enclavé dans l’Afrique du Sud (il partage néanmoins un bout de frontière avec le Mozambique) peut se traverser en quelques heures. On trouvait ça un peu dommage donc nous avons décidé d’y séjourner trois jours. Le pays est étonnamment très vert et vallonné, une sorte de prolongation de la région du canyon. Les habitants sont adorables, souriants, aimables… Un bonheur.

On commence par s’arrêter dans la Phophonyane Nature Reserve (pas très bien indiquée) pour aller voir une jolie petite cascade et se promener un peu. C’est agréable, et on se dit que ça doit l’être encore plus pour y rester une nuit. Mais l’hébergement est un peu cher car plutôt luxueux. On se dirige vers notre lieu de villégiature pour la nuit : le Malolotja National Park en optant pour le camping. Le site de camping est totalement vide, les emplacement sont très agréables, et on se trouve loin de tout (même l’accueil du parc n’est pas tout proche). La nuit on entend rien d’autre que… ben en réalité on ne sait pas trop ce qu’on a entendu comme animal, mais ça faisait un bruit qui ressemblait à une bulle qui éclate. Calme absolu sinon ! Le lendemain matin on se croise quelques blesboks non loin de là, qui poussent un cri d’alerte assez particulier en nous voyant. Il fait chaud et beau mais on sait que les chances de voir un orage arriver sont grandes. On part donc sur le champ pour une petite marche de 3h dans la réserve. A l’accueil on nous indique un chemin qui permettrait de voir deux cascades d’un même endroit. On tente le coup et là il faut dire que c’est vraiment pas super bien indiqué… Du tout. Mais on trouve quand même et effectivement c’est beau. La réserve est une grande étendue sauvage entre montages, cascades et plaines où se baladent gaiement quelques animaux. On se balade tranquillement et tout à coup : bim ! Troupeau de zèbres ! Moi qui pensais qu’on ne les trouvait que dans la savane ! Un bel endroit très ressourçant.

Au passage : le restaurant du parc est vraiment sympa : il semblerait que tout soit fait maison, en tout cas c’est bon et généreux. Le service est comme d’habitude super.

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On quitte les grandes étendues pour se diriger vers la vallée d’Ezulwini réputée pour son artisanat local. Juste avant le retour en France c’est le jackpot niveau cadeaux : plein de très belles bougies chez Swazi Candles, des bijoux en perles ou en magazines recyclés (et ça ressemble quand même à quelque chose de sympa)… Les petites boutiques sont vraiment attirantes, il ne s’agit pas que d’un marché sous des toits de taule (il y en a tout de même un assez grand pas trop mal mais pas très facile à trouver).

On trouve notre bonheur et on décide d’aller au touristique mais néanmoins intéressant village culturel de Mantenga, après un petit tour par sa cascade. Ici encore les guides sont adorables, c’en est presque choquant. Le village n’est plus habité mais très joli à voir. A la fin d’une visite ponctuée d’anecdotes rigolotes, on assiste à un spectacle de chants et danses. Bon, je partais avec une petite appréhension d’un espèce de truc bien touristique-nul mais surprise… c’était à la limite de l’envoûtant. J’aurais presque voulu que ça dure encore un peu plus longtemps.

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Avant de quitter le Swaziland on décide de faire un tour à la réserve de Mlilwane où il est possible de faire du vélo parmi la faune africaine. Pas de félins ici donc pas de risque de perdre un bout de jambe en cours de route, mais ma peur des hippos me rend quand même assez vigilante. On passe tout près des zèbres, gnous, antilopes, et de leurs tout petits bébés, vraiment top ! Et ça change des safaris en voiture.

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Certains guides disent que le Swaziland ne vaut pas vraiment la peine de s’y arrêter, d’autres disent qu’il serait dommage de ne pas le faire. Je suis de ce dernier avis : il aurait vraiment été dommage de ne pas découvrir cette culture unique et ces paysages une fois de plus géniaux. Avec un peu plus de temps j’aurais aimé tenter un petit coup de rafting et une autre réserve mais notre planning était un peu trop serré pour cette fois-ci.

On quitte donc le Swaziland enchantés (pour changer) direction Santa Lucia et l’Isimangaliso Wetland park. Petite étape sur la route au Bushbaby Lodge. C’est un petit havre de paix qui dispose de son mini parc privé où vous pouvez marcher en rencontrant antilopes et zèbres (mais aussi vous perdre lorsque la nuit tombe en pensant ne jamais pouvoir retrouver l’entrée, pour l’avoir vécu. Gros stress), et où le soir venu, vous pouvez nourrir les ‘bushbabies’, sorte de petits lémuriens duveteux adorables et gourmands.

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Le lendemain on file vers la réserve de Hluhluwe Umfolozi qui abrite un grand nombre de rhinos. On espère apercevoir le rhino noir, le plus rare et le plus menacé, mais en vain. Pas de félins non plus : ils sont peu nombreux ici et le parc est très grand. Malgré le mauvais temps la visite est sympa.

On arrive à Santa Lucia, cité balnéaire où les hippos sont rois. Il leur arrive apparemment de se balader dans la ville à la nuit tombée, ce qui demande un tout petit peu de vigilance. Des petits chiens de prairie timides gambadent devant l’hôtel, et on entend dire que les tortues de mer viennent pondre sur la plage toute proche à cette période de l’année. Pas le temps pour cette excursion malheureusement, j’aurais aimé voir ça (on a essayé de voir par nous même mais dans la nuit noire ça n’a rien donné). La ville est sympathique, bon… ok pour une étape. C’est sympa si on fait une promenade sur l’estuaire pour aller voir les hippos (pas testé) et si comme nous, on pousse le voyage jusqu’au Cape Vidal, superbe plage où l’eau, en plus d’être belle est vraiment bonne. Un conseil : ne pas lésiner sur la crème solaire. Le Wetland park est joli et donne la possibilité de voir des hippos dans l’eau.

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On repart vers Durban pour 2 nuits. La ville est beaucoup plus « africaine » que le Cap et du fait d’une plus grande insécurité on fait un peu plus attention. Bon, ce n’est pas très joli mais elle a le mérite d’être vivante. Il y a ici une grande communauté indienne, la plus grande du monde en dehors de l’Inde. En visitant le marché indien (bof sauf pour les quelques stands d’épices) une dame nous dit que nous ne devrions pas marcher seuls dans la rue mais prendre un minibus. Bon on a marché quand même faute de trouver le bon bus et rien ne s’est passé. Culinairement parlant, la spécialité locale est inspirée des recettes indiennes : le Bunny Chow. Un curry très TRÈS épicé servi dans un pain de mie creusé, que l’on déguste avec les doigts. Pour ma part je n’ai pas pu finir tellement c’était fort, et pourtant j’aime bien quand ça pique un peu. Gros choc lorsque des sans abris viennent nous demander à notre table les restes de nos assiettes. Pas facile de voir la pauvreté, ça brise le cœur.

Un petit tour au BAT Center pour voir plein de jeunes artistes en pleine action : peinture, sérigraphie, vêtements, poterie… On a un peu regretté de ne pas avoir craqué pour une toile. Des petits bijoux dans le tas si on aime le style.

On se balade sur le Golden Mile, la longue promenade qui longe la plage, et puisque c’est par hasard le premier jour des vacances, la moitié de la ville s’y donne rendez-vous pour se baigner et faire des barbecues un peu partout. Ambiance sympa sur ce bord de mer où les pêcheurs sont sur les digues, les surfeurs sur les vagues et les fêtards sur la plage.

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On laisse Durban pour filer vers le tant attendu Drakensberg, avant-dernière étape d’un voyage qui commence à toucher à sa fin.

  • Petites adresses

Graskop

– Auberge de jeunesse Valley View Backpackers. Assez rustique mais correct, l’établissement est tenu par un couple mixte (lui est noir, elle blanche). Le maître des lieux n’hésite pas à vous parler un peu, confessant que le racisme n’a malheureusement pas disparu du pays (les couples mixtes y sont apparemment mal acceptés), et une certaine hypocrisie du gouvernement.

– Gros gros coup de cœur du voyage : le restaurant Abe at the Glass House ! Service au top, cuisine maison (goûtez au curry ou au bobotie, finissez par un malva pudding tiède… un régal !)

Swaziland

– Camping dans la réserve de Malolotja. Sanitaires rustiques mais emplacements très agréables pour une nuit en harmonie avec la nature. Très économique qui plus est.

– A Ezulwini, le Legends backpackers est une petite adresse sympa sans prétention mais propre et très correcte.

St Lucia

– Emdoneni Cat Rehabilitation : ce centre de réhabilitation pour félins permet de les approcher de très près, et même d’aller en caresser certains comme le guépard ! C’est la star, certes, mais ce type de centres permet de découvrir d’autres félins moins connus qui sont pourtant magnifiques également et très difficiles à observer à l’état sauvage : serval, caracal, wild cat… Bien moins touristiques que d’autres centres dédiés à l’approche du guépard (notamment au Cap), je trouve qu’ici l’animal était bien mieux respecté et non traité comme une vulgaire attraction. Pas mal d’explications aussi par les soigneurs, expérience vraiment intéressante et surtout unique.

– Le Seasands Lodge, un hotel un peu chic avec de jolies chambres, piscine et tout ce qu’il faut !

Durban

– Happy Hippo Backpackers : une super auberge installée dans une ancienne usine. Grands espaces communs ambiance industriel/récup, chambres très propres et bar/discothèque sur le toit. Parking privé fermé (à privilégier).

– Un restaurant plus chic mais très bon, pour se faire plaisir : l’Ile Maurice.

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Tiens j’ai pas testé Durban je me demande si ca vaut le coup…
    Et sinon oui, le Cap surprend tout le temps!

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    1. Jess dit :

      Disons que Durban peut être une étape intéressante, très « melting pot », mais ne constitue peut-être pas un incontournable parce que ce n’est pas vraiment très joli. En tout cas c’est très vivant et je n’ai vu cette ambiance particulière que là-bas ! Alors pourquoi pas 🙂

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